Festival Roubaix à l'Accordéon

Arno

Quatre ans après une première collaboration sur Future Vintage, Arno retrouve l’Anglais
John Parish (PJ Harvey, Eels, Perfume Genius) pour la production de Human Incognito.

« Avec John, nous parlons de tout et de rien quand on n’enregistre pas. Mais dès que nous sommes en studio, il ne nous faut pas beaucoup de mots pour se comprendre. Et moi, j’aime ça. »

Pour Human Incognito, Arno a aussi fait confiance à Catherine J Marks, ingénieure du son et productrice australienne connue pour ses collaborations avec Foals, PJ Harvey, Ian Brown ou encore Champs.

Alternant blues (I’m just an old Motherfucker, Dance like a Goose), ballades de poor lonesome European cowboy (Oublie qui je suis, Quand je pense à toi), anglais et français, passé simple, indicatif du présent et futur proche, Arno choisit de ne pas choisir et, du coup, reste imprévisible.

On l’a rarement vu aussi libéré que sur Now she likes boys ou Oublie qui je suis. Sa voix n’a jamais été aussi fragile que sur Je veux vivre. Et ça fait un bien fou.

Il y a aussi Please exist, dérogation électro au parti pris organique de l’album. Traversé d’une basse hypnotique dans Dance like a goose, alors que Never trouble trouble réveille en nous les démons du rock. Et on parle ici de vrai rock.

« J’ai toujours besoin de faire du rock. C’est comme le live, je ne peux pas m’en passer, sinon je deviens fou. C’est physique et mental. Chaque fois qu’on me propose de faire des tournées 100% acoustiques, je réponds que je ne suis pas encore prêt. Je m’ennuierais trop vite. »

Et puis, il y a toujours ce sens de la formule qui n’appartient qu’à lui. Seul Arno est capable de piquer là où il faut (Je veux vivre) sans pour autant jouer au donneur de leçon.

« Toutes mes chansons naissent de mon observation des gens. Je suis un solitaire, mais j’aime profondément les gens. Je les regarde, je les écoute, ils m’inspirent. A la base de mes chansons, il y a toujours une situation vécue que je transforme ensuite. »

Alors, faut-il le croire quand il chante « I’m just an old motherfucker » sur fond de guitares rauques ?

« Oui, c’est vrai, je suis un old motherfucker. Il m’arrive aussi de parler comme un vieux motherfucker. Je trouve ainsi que le rock est devenu beaucoup trop calculé aujourd’hui. Plus personne n’ose prendre des risques. Ça manque de révolte. A l’image du monde, le rock est devenu trop conservateur. »

Heureusement, il y a encore des albums comme Human Incognito pour nous prouver le contraire.

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